Le sommet de Copenhague étant achevé, ce mini-blog s’arrête ici. Cependant il restera ouvert, à titre d’archive. Un nouveau blog, intitulé Planète Vivante – Mexico 2010, le remplace afin de recenser tous les éléments et évènements à partir de maintenant et jusqu’à la fin de la prochaine conférence qui aura lieu en décembre 2010, à Mexico.

Le blog principal, Planète Vivante reste bien sûr ouvert et reprend une activité suivie. Des liens et des pingbacks seront effectués entre les deux blogs tout au long de l’année à venir. Merci pour vos lectures tout au long du sommet de Copenghague…

Voici les grandes lignes de la version préliminaire (non éditée) de Copenhague, dont la Conférence des Parties a pris note :

La COP15 a donc pris note de l’Accord et souligne :

– que le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre temps ;

– sa forte volonté politique pour combattre de toute urgence les changements climatiques, conformément au principe des responsabilités communes mais différenciées ;

– que pour atteindre l’objectif ultime de la Convention afin de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse, la température mondiale devra être inférieure à 2 degrés Celsius

– reconnaît l’impact critique des changements climatiques et les impacts potentiels sur les pays particulièrement vulnérables à ses effets négatifs, et soulignent la nécessité d’établir un programme d’adaptation globale incluant un soutien international.

La COP15 reconnaît que des réductions importantes des émissions mondiales sont nécessaires comme le démontre le 4e rapport du GIEC, rapport d’évaluation en vue de réduire les émissions mondiales de manière à maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius et de prendre des mesures pour atteindre cet objectif sur la base de l’équité.

Les pays, Parties de la Convention-cadre, devront tenir compte du fait que le développement social et économique et l’éradication de la pauvreté sont les priorités majeures et absolues des pays en développement et qu’une stratégie de faibles émissions est indispensable au développement durable.
L’adaptation aux impacts des changements climatiques constitue un défi à relever par tous les pays. Une action renforcée de la coopération internationale en matière d’adaptation est donc requise d’urgence afin d’assurer la mise en oeuvre des mesures d’adaptation visant à réduire la vulnérabilité dans les pays en développement et en particulier des PMA (pays les moins avancés) ainsi que des petits Etats insulaires en développement (PEID) et de l’Afrique.
Les Parties de l’annexe I s’engagent à produire individuellement ou conjointement les objectifs d’émissions quantifiés pour 2020, le 31 janvier 2010. Ces objectifs devront être rigoureux, solides et transparents.
Les Parties se sont également engagées à poursuivre diverses approches, pour améliorer le rapport coût-efficacité et à promouvoir des actions d’atténuation.
La Conférence des Parties a décidé de renforcer les fonds nouveaux et supplémentaires, afin de permettre le soutien d’une action renforcée en matière d’atténuation, y compris un financement substanciel pour réduire les émissions résultant du déboisement et la dégradation forestière (REDD) par le biais d’une adaptation et d’un développement des transferts technologiques. Le montant d’ensemble de cette aide d’atténuation a été fixé évalué à 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012, avec une répartition équilibrée entre l’adaptation et l’atténuation répartis entre les les pays en développement, les pays les moins avancés ainsi que les petits Etats insulaires en développement (PEID) les plus vulnérables  et l’Afrique.
Dans le contexte d’une atténuation significative et d’une mise en oeuvre transparente, les pays développés s’engagent sur un objectif de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour répondre aux besoins de développement de ces pays. Ce financement proviendra d’une grande diversité de sources, publiques et privées, bilatérales et multilatérales, y compris des sources alternatives de financement qui prévoient une représentation égale des pays développés et en développement. Une partie importante de ces financements devrait provenir des Fonds pour le Climat de Copenhague.

Source : UNFCCC, synthèse et traduction de l’anglais par Planète Vivante

En raison de la confusion extrême règnant depuis 2 jours à Copenhague, Planète Vivante n’a publié aucun post.

Un point important à souligner à 9h45 le 19 décembre : un accord politique a été « conclu » hier soir entre les Etats Unis, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud mais il n’a aucune valeur juridique. Alors que les « grands » chefs d’Etat ont quitté Copenhague hier soir, la séance plénière de ce matin est pour le moment suspendue : rejet par plusieurs pays en développement d’un projet d’accord a minima négocié entre les Etats-Unis et les grandes puissances émergentes. L’accord doit obtenir l’aval de l’ensemble des 193 pays participant à la conférence pour devenir un pacte de l’Onu. Donc on ne peut pas à cette heure parler d’accord quelconque.

Pour mémoire :

– Le projet de déclaration reprend l’idée d’un fonds de 10 milliards de dollars par an en 2010-2011-2012 pour faire face aux besoins des pays pauvres et sur la nécessité de porter cette aide à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.

– MAIS aucun objectif chiffré contraignant à 2020 ou 2050

– Le texte ne reprend ni l’objectif global de réduction des émissions de CO2 de 50% d’ici 2050, ni l’idée d’une Organisation mondiale de l’Environnement.

– Pas de calendrier pour la signature d’un traité

Planète Vivante publiera en temps utiles la déclaration finale entérinant un éventuel accord ou son rejet.

Avant l’arrivée de Barack Obama, demain, à Copenhague, Hillary Clinton a fait une déclaration importante ce matin (17/12/09) : « Hillary Clinton annonce que les États-Unis contribueront à une enveloppe globale de 100 milliards de dollars, à condition que les pays émergents s’engagent à plus de transparence. Un message destiné aux Chinois. rentre dans un cycle de contribution« .

Elle a également souligné que les grands pays émergents (sous-entendu la Chine) faisaient « marche arrière » en refusant l’instauration de mécanismes permettant de vérifier et de contrôler les réductions de GES (gaz à effet de serre).

Un discours fort de Nicolas Sarkozy

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui refuse d’envisager l’échec de cette conférence, a donné une conférence de presse aux côté du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

Photo d’écran sur France 24

Vidéo de  la conférence de presse ICI

Communiqué « France24 »
Connie Hedegaard démissionne de la présidence des négociations de Copenhague sur le climat
La ministre danoise du Climat et de l’Énergie, Connie Hedegaard, démissionne de la présidence des négociations de Copenhague sur le climat. Elle est remplacée par le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen

Vidéo France 24 : CAMBODGE – Alors que le sommet de Copenhague entame sa deuxième et ultime semaine, les pays pauvres sont appelés à faire un effort pour l’environnement. Le Cambodge, dont 80 % des besoins énergétiques sont fournis par le charbon, reste tiraillé entre une réalité économique et la nécessité de réduire son empreinte carbone.

La situation a atteint un degré élevé de complexité… Selon les Nations Unies et au vu de la journée d’hier et de celle d’aujourd’hui, il semble qu’il reste encore beaucoup de questions à aborder avant l’arrivée à Copenhague des chefs de gouvernement et des chefs d’Etat au sommet de Copenhague, dont les résultats sont incertains.

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a déclaré aujourd’hui, « Ce n’est plus le moment de gesticuler. Chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague ». « Avant de se rendre sur place, le secrétaire général de l’ONU a exhorté les négociateurs à surmonter les obstacles. « Le moment est venu d’agir » (…) « Nous pouvons avancer vers une croissance durable et verte, ou continuer sur la route qui nous mènera à notre perte ». (…) Le secrétaire général de l’ONU appelle les 115 chefs d’Etat et de gouvernement qui vont se rendre à Copenhague à faire preuve de leadership. « Nous n’avons plus le temps de prendre des poses ou de blâmer les autres », a expliqué Ban Ki-moon » (RFI, le 15/12/09).

Photo COP15

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Apparemment il règne une grande confusion à Copenhague, au sein du Bella Center… rien ne va plus et l’on passe d’une suspension de séance à une autre…

Hier midi, « les pays Africains, soutenus par les pays en développement du G77, avaient suspendu, lundi 14 décembre, leur participation aux groupes de travail des négociations sur le climat » (Le Monde). En effet, selon les pays en développement, les pays industrialisés doivent absolument renouveler leurs engagements au-delà de 2012, dans le cadre du protocole de Kyoto.

Mais au sein même du Groupe des 77, il est clair que des divergences se font sentir. En effet, les intérêts des pays émergents, comme la Chine et l’Inde par exemple, divergent de plus en plus de ceux des Petits Etats insulaires.

Ces petites îles (liste des membres et des observateurs) sont regroupés au sein de l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS). Ils ont en commun les mêmes challenges en terme de développement et d’environnement et vont devoir trouver, très rapidement, des moyens d’adaptation efficaces afin de contrecarrer les impacts dus au changement climatique.

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L’émission Post-Frontière sur France Culture a proposé, ce matin à 11h, son émission consacrée au thème « GIEC et climatologie » avec Michel Armatte.  économiste et historien des sciences, Martine Tabeaud.  professeur de climatologie à Paris I et Jean-Pascal Van Ypersele.  Vice-président du GIEC et membre de l’Académie royale de Belgique (en insert téléphonique depuis Copenhague).


Certaines villes vont devoir repenser sérieusement leur utilisation de l’eau !!! La surconsommation et la démesure ne sont plus à l’ordre du jour…

Le lac Mead, lac artificiel à cheval sur les Etats du Nevada et de l’Arizona, est le plus grand réservoir d’eau des Etats-Unis, qui doit son existence au barrage Hoover, construit au début du XXe siècle, sur la rivière Colorado. Il alimente notamment la ville de Las Vegas, située dans l’Etat du Nevada, nébuleuse urbaine qui continue à croître en dépit des sonnettes d’alarme tirées par les scientifiques sur l’éventuel assèchement du lac Mead.

Google Earth : Lac Mead et emplacement du barrage Hoover

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Selon les études menées par le physicien Tim Barnett et le climatologue David Pierce,  à l’Institut Scripps d’Océanographie de UCSD (Université de Californie de San Diego), il y aurait 50% de probabilités que le Lac Mead, source majeure d’eau pour des millions de personnes vivant dans le Sud-Ouest des Etats-Unis, soit à sec en 2021 si les conditions du changement climatique sont conformes aux prévisions et si il n’y a aucune mesure politique prise pour la réduction de la consommation en eau.

Sans l’existence du lac Mead, le sytème de la rivière Colorado n’a aucune possibilité de supporter la consommation de la population du Sud-Ouest, notamment si elle doit faire face à une année d’exceptionnelle sécheresse. Dans un tel cas, le débit de l’eau délivrée deviendrait particulièrement irrégulier.

Barrage Hoover (Hoover Dam), Google Earth

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Selon les deux chercheurs, les facteurs naturels comme l’évaporation et la sècheresse et les impacts du changement climatique induits par l’homme (forte demande et mauvaise gestion de la consommation), créent un déficit net annuel correspondant à une quantité d’eau pouvant alimenter 8 millions de personnes par an (Source : Scripps News).

Sachant que les principales grandes villes comme Los Angeles, San Diego et La Vegas sont alimentées par le bassin de la rivière Colorado, les inquiétudes sont largement justifiées.

Carte des villes alimentées par le Lac Mead

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Source : Google Earth

Prenons le cas de Las Vegas. En effet, la croissance de la « capitale du jeu », entre 1984 et 2009, située en plein désert, est impressionnante. Elle est présentée par une série d’images satellites de la NASA (Earth Observatory). Ces images qui peuvent être vues sur Google Earth et sur une vidéo créée par Map Room,  montrent à quel point l’équilibre naturel dans cette région est mis en danger par la tache urbaine de Las Vegas.

Si d »après le recensement de l’année 2000, Las Vegas comptait 478 434 habitants, la population de la ville estimée en 2008 est de 603 093 habitants (US Census Bureau). Par ailleurs, la population de son agglomération a été multipliée par trois en 20 ans et compte à présent 1 996 542 habitants et cette agglomération s’alimente en eau, pour 90%, par le lac Mead.  La croissance de Las Vegas dépend donc largement de l’approvisionnement en eau, en plein milieu du désert. En effet, le « Strip », large avenue du centre de Las Vegas bordée de complexes hôteliers rivalisant par leur taille et leur démesure et de vastes casinos, a un besoin insatiable d’eau, sans oublier la périphérie de Las Vegas abritant les populations travaillant dans la ville. En même temps, l’Ouest a subi une sécheresse particulièrement importante, la Rivière du Colorado fournissant moins d’eau au Lac Mead.

Le « Strip » vu d’avion en 2002

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Photo JM/Marie-Sophie pour Planète Vivante, septembre 2002

Vues en 3D de Las Vegas : Google Earth 2008

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Photo 1 et 2 le « Strip », 3 aéroport, 4 North Las Vegas

Si la « Capitale du Jeu » recycle ses eaux usées, elle continue à en perdre beaucoup en alimentant une végétation inadaptée au milieu désertique et les autorités de la ville subventionne maintenant les propriétaires pour enlever une partie de cette végétation, ce qui a permis de remarquer une certaine chute de la consommation d’eau par personne durant ces dernières années. Mais ne s’agit-il pas d’une « goutte d’eau dans l’Océan » ???

Quelques exemples de consommation d’eau dans les complexes hôteliers… sans compter les brumisateurs le long de l’avenue, pour le bien-être des touristes !!!

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Photos JM/Marie-Sophie pour Planète Vivante : 1 et 2 les jardins du « Mirage », 3 les jeux d’eau nocturnes au « Bellagio », 4 les immenses parterres fleuris à l’intérieur du « Bellagio », 5 la reconstitution des canaux à l’intérieur du « Venetian » sous faux-plafond…

Pour approfondir le sujet :

Nasa Earth Observatory, « 25 Years of Growth in Las Vegas« , 01/03/2009

Scripps Institution of Oceanography, UC San Diego, 12/02/2008

Las Vegas, Wikipedia

Article Reuters, 21/08/2007 « Las Vegas growth depends on dwindling water supply »

US Census Bureau, statistiques Nevada